WONDER WOMAN 1984

(2020). Tout d’abord, je tiens à préciser que j’ai beaucoup apprécié le premier volet sorti en 2017. Le trailer de ce nouvel opus, avec le remix de Blue Monday de New Order (le trailer est en bas de l’article) a vraiment crée une grosse attente chez moi, je voulais voir ce film. Et étant un gosse des années 80, je ne pouvais que me réjouir de l’époque où il allait se dérouler. La scène d’ouverture est fabuleuse : on retrouve Diana gamine qui participe à une épreuve lors de l’équivalence des jeux olympiques sur l’île des amazones. La cinématique est très soignée, le montage est nerveux, le tout servi par une musique de Hans Zimmer qui rehausse encore la séquence. La petite qui interprète Diana jeune est juste parfaite. J’ai adoré le début.

Et c’est tout. 10 mn de film et c’est bon, j’aurai dû arrêter là, le trailer et l’opening sequence. Pour poursuivre cet article, je vais être obliger de spoiler pas mal de l’histoire et détailler quelques scènes, donc si vous ne voulez pas en savoir plus, fermez la page !

/!\ ATTENTION SPOILERS /!\ ATTENTION SPOILERS /!\

Vous êtes toujours là ?

OK.

Pour commencer, le scénario : comment les studios ont pu valider un script aussi creux ? depuis le trailer, nous savions que Steve Trevor allait revenir à la vie, j’étais curieux de connaître la méthode qu’il allait employer. La curiosité est un vilain défaut. Un pierre à souhait, voilà. L’originalité me dépasse. Et le méchant du film a fait le souhait d’un gamin de huit ans à qui on propose cela, “Je veux des souhaits illimités” ! Vraiment ? Mais avec chacun de ces souhaits, on perd quelque chose. Wonder Woman perd de son pouvoir, Barbara perd de sa gentilesse (vraisemblablement) et le méchant perd sa santé. Sur ce point, il faudra attendre presque la fin pour qu’il décide dans un moment de génie, de regagner de la santé en contrepartie des souhaits qu’il exauce… bien sûr, il n’y avait pas pensé avant… Pour être honnête, je m’attendais à voir Will Smith apparaître avec une bonne réplique du genre : “on vous a bien eu, en fait, vous regardez Aladdin 2” !

Mais si ce n’était que là où le scénario péchait… mais non. Le film dure 2h30 et 90% de celui-ci ressemble à une comédie romantique des années 80, au point où je me suis demandé s’il n’aurait pas fallu engager Meg Ryan. Le nombre de scènes qui se veulent amusantes et qui tombent à plat pullulent à l’écran, et quelque fois d’une façon si ridicule. Je vais passer sur la séquence à la Pretty Woman où Steve essaie plein de tenues alors que Diana lui donne son avis, tout comme l’exagération maladroite de ce qu’étaient les années 80. Que ce soit la première scène dans le mall (d’ailleurs, cette première scène d’action est vraiment ratée) ou les punks croisés dans le métro, les dancers de breakdance, bref, tout est exagéré et Patty Jenkins a clairement confondu filmer les années 80 et filmer “comme” dans les années 80.

D’ailleurs, cela crée des stupidités scénaristiques navrantes. Par exemple, Steve Trevor se retrouve ébahi devant un escalator et est très emprunté sur la façon de l’utiliser. Pour rappel, il meurt lors de la grande guerre dans le premier WW, or, les escaliers mécaniques ont été inventé e 1898 et dès 1910 installés dans les entreprises, les grandes surfaces et les stations de métro (source wikipedia). Tout ça pour créer une séquence qui se veut amusante, on fait n’importe quoi. Par contre, il est capable de piloter un jet (qui fait Washington – Le Caire en direct ! HAHA), conduire une voiture à boite mécanique, utiliser un lance roquette etc… mais un escalator… non ! Et tout le film est une exagération qui sent tellement le fake… comme la scène finale sous la neige : c’était simplement une scène de 5 mn d’un téléfilm de Noël (en moins bien en plus).

Allez une dernière pour la bonne bouche dans les crétineries scénaristiques : “Il faut se dépêcher, on a le monde à sauver ! Oh, c’est quoi là-bas ? un feux d’artifice, on est le 4 juillet”. Et là, avec un sourire de connivence, Steve décide de faire un petit détour, (le monde peut attendre finalement) pour faire un petit passage en avion dans les feux d’artifice parce que c’est tellement romantique. Oh, et j’oubliais, l’avion est invisible, car Diana qui avait une fois, avec peine, réussi à faire devenir une tasse à café invisible en la touchant, après concentration, est d’un coup capable de faire disparaître le jet, parce que “il le fallait” ! what ?? seriously ? Oui, c’est l’explication qu’on nous donne, mais à ce moment du film on n’est déjà plus à ça près. D’ailleurs, on entre sur un aéroport privé avec plein de jets stationnés aussi facilement que dans la maison blanche en 1984 apparemment ! Mais bon, c’est un détail de plus, faut pas chercher…

Venons-en aux personnages. Là encore, c’est complètement à côté. Il n’y a aucune émotion, on ne ressent aucune empathie, ils pourraient bien mourir qu’on s’en foutrait (mais ouf, AUCUN ne meurt !). Prenons par exemple la scène des retrouvailles entre Diana et Steve : alors qu’elle est censée être émouvante, puisque c’est quand même un des points forts du film, avec un Chris Pine qui n’est plus Chris Pine, mais qui ressemble quand même à Chris Pine sans être lui (vous verrez ^^), la scène est juste à vomir. Au sens littéral, puisque Patty Jenkins a décidé de faire un plan séquence où la caméra tourne autour des deux acteurs, assez rapidement (c’est là qu’il y a l’explication de Chris Pine), et si vous êtes un peu susceptible au mal de mer, prévoyez un petit sac à vomi. Blague à part, la scène est complètement ratée, aucune émotion. Et lorsque Diana renonce à son souhait (la résurrection de Steve) pour regagner ses pouvoirs, même chose, l’émotion est complètement absente. S’en suit d’ailleurs une autre séquence où elle se met à voler comme Superman en écoutant le speech en voix-off de Steve qui lui explique ce que c’est de voler (dans le cas où le spectateur serait trop stupide pour faire le rapprochement). Je trouve, au passage, que la direction scénaristique de Wonder Woman ne correspond plus à celle du premier volet, ce qui est un vrai problème de cohérence. Je ne comprends pas que Gal Gadot ait accepté que son personnage soit à ce point modifié.

Barbara Minerva, incarné par Kriten Wiig – j’ai lu beaucoup de critiques comme quoi c’était le pire casting depuis Halle Berry en Catwoman (c’est exagéré) – est elle aussi salement caricaturée. D’abord, c’est une femme qui manque de confiance en elle, que personne ne semble remarquer et le génie du scénario à produit quoi pour décrire cela ? une femme maladroite qui fait tomber son attaché-case et que personne n’aide. Quelle originalité. Et surtout, son attitude se veut être drôle, mais c’est raté, et au lieu de nous arracher un sourire, je trouve que c’est très embarrassant. Bref… Son souhait est d’être aussi forte que Diana Prince. Du coup, un matin, elle ouvre son frigo, et ne sentant pas ses nouveaux pouvoirs arrache la porte. La suite : une scène crétine où elle se rend à sa salle de gym et soulève de grosses altères. Si si, je vous jure… Et lorsqu’elle rencontre un homme bourré qui l’avait agressé 3 semaines plus tôt, elle se venge (on remarquera d’ailleurs que le gars, bien que complètement bourré les 2 fois, se rappelle aussi d’elle). Et si vous espérez voir Cheetah, ne vous emballez pas, le combat entre elle et WW ne dure pas plus que dans le second trailer.

Tiens d’ailleurs, les scènes d’actions : que dire. Elles sont courtes, peu présentes et les CGI sont affreux. Lorsqu’elle sauve les enfants égyptiens qui jouent au foot sur la route (déjà rien que ça, le rendu n’est pas crédible…) les images sont laides. Et comme pour tout le reste, tout est survolé. Son armure de chevalier du zodiaque, elle n’est que pour se défendre et lorsque Cheetah finit de la détruire, elle se suspend 30 secondes avec son lasso, électrocution et fini (tout ça pour ça ?). D’ailleurs le lasso n’est plus le lasso de la vérité, il devient une sorte de liane qui permet tout simplement de voler, on croirait voir Spiderman à plusieurs reprises. Je ne vais pas m’étendre sur l’action, car elle est pratiquement inexistante.

Je vais m’arrêter là, je pourrais faire des paragraphes et des paragraphes de ce qui ne va pas dans le film, puisqu’en fait, rien ne va. 2h30 de facepalm en facepalm. Je suis atterré de voir un si gros ratage, et du gâchis qui a été fait avec le personnage. La note globale sur IMDB a chuté de 7.6 à 6.3 en moins de 24h et lorsque je lis les milliers de commentaires, je constate que je ne suis pas le seul à m’être senti pris pour un imbécile devant cette production. En conclusion, je n’ai pas aimé… du tout, et je ne recommande pas le film, si ce n’est les 10 premières minutes et le trailer ci-dessous. 4/20.

Ah j’oubliais la scène post générique… que dire si ce n’est qu’elle m’a arraché un sourire… triste 🙁

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