CHAOS WALKING

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(2021). En 2257, sur une planète colonisée par les hommes nommée “Nouveau Monde”, Todd vit avec ses deux pères adoptifs depuis la mort de sa mère, tuée comme toutes les autres femmes de la colonie par des aliens indigènes. Cette planète produit un phénomène appelé “The Noise” qui amplifient les pensées et les exposent à la vue de tous. Lorsqu’un vaisseau s’écrase sur la planète et que le seul survivant est une femme, le maire de la colonie veut sa capture. Todd, déterminé à la protéger, alors qu’elle n’est pas affligée par “The Noise”, décide de l’escorter au travers de la jungle vers une autre colonie pour y trouver refuge.

Adaptée du premier livre de la série de Patrick Ness, Chaos Walking est une dystopie de science-fiction qui n’est pas sans faire penser à Hunger Games. Cependant, j’ai souvent eu l’impression de visionner une sorte de western moderne : les protagonistes se déplaçant à cheval et utilisant des armes conventionnelles (dans un premier temps). La cinématique est vraiment réussie, les scènes d’actions (justement lors des poursuites à cheval) sont convaincantes et je dois avouer que la façon dont “The Noise” est rendu à l’écran est vraiment démonstrative. Une sorte de brume rose et bleue vole autour de la tête du personnage et on entend ses pensées, même lorsqu’il essaie de les dissimuler. Cela crée quelques interactions surprenantes entre Tom Holland et Daisy Ridley.

En parlant des acteurs, l’alchimie des deux protagnistes est évidente à l’écran et l’on arrive facilement à se détacher de leurs rôles phares : Spiderman et Rey (Starwars). Mads Mikkelsen est égale à lui-même dans le rôle du maire, figure autoritaire qui transpire le patriaciat, soumis à l’excellent David Oyelowo, le prêtre maniaque qui conclut que si les femmes ne sont pas affectées par “The Noise”, cela signifie simplement qu’elles n’ont pas d’âmes et deviennent ainsi des être impurs. Ses deux personnages toxiques personnifient par leur dimension le danger que peut représenter l’homme dans la civilisation. Lorsque le message n’est pas placardé comme souvent dans les productions récentes, mais un peu plus subtil dans son traitement, il est, à mon sens, bien plus efficace.

Pourtant, le film est très décevant. Je n’ai pas lu le matériau dont il est tiré, mais il semble évident que trop de raccourcis ont été pris pour faire rentrer le scénario dans la bouteille en éliminant de nombreux sujets, qui ne sont que survolés et nous laisse sur notre faim. Tout d’abord, la capacité de l’humanité à voyager sur 3 générations pour peupler ce nouveau monde est à peine évoquée, et si Viola (Daisy Ridley) explique succintement que son vaisseau mère, est le plus grand jamais conçue, on n’en sait pas plus, alors qu’il est censé transporter la seconde vague de colons. Ensuite, la pire frustration que j’ai ressentie concerne les aliens. Ceux là même qui ont soit-disant massacré toutes les femmes. Aucun développement, même si Todd se retrouve à en combattre un, on a juste l’impression qu’il a été montré à l’écran pour valider le postulat de l’absence de femmes, mais j’aurai vraiment aimé en savoir bien plus. Le prêtre n’est presque pas développé, et sa réaction avec le chien semble hors de propos. C’est grossièrement fait, et scénaristiquement inconsistant.

Et beaucoup de sujets sont traités de cette façon, enfin effleurés de cette façon, alors qu’on a vraiment l’impression que la richesse du monde et de l’histoire permettait un développement bien plus intéressant, au lieu de ne garder que le pitch téléphoné qui sent la simplicité au bout de 10 mn de film. Alors oui, les effets visuels sont intéressants, les paysages et les lieux de tournages sont magnifiques, les scénes d’actions sont bien chorégraphiées, le casting est excellent mais le film est plat, sans réelle intensité, et je me suis très vite ennuyé. La seule chose que j’en retiens, c’est peut-être l’envie de découvrir un peu plus le monde en lisant la série “young adult”, même si ce n’est pas mon genre favori, pour palier le ratage de cette production.

Le film se concentre bien plus sur le world building, que sur les personnages qui évoluent peu (à part peut-être Viola) et laisse entrevoir une suite dont je doute de sa mise en production, devant la déception et les critiques de ce premier opus. Le film ne mérite pas plus que la moyenne, malgré quelques éléments attrayants, mais nous laisse avec trop de confusion pour y rester accroché tout du long. 11/20.

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