SHADOW IN THE CLOUD

(2020). En 1943, alors que la guerre fait rage dans le pacifique, une jeune femme, pilote et officier de la Royal Air Force, s’invite à bord d’un bombardier B-29 sur le point de décoller depuis Auckland (Nouvelle-Zélande). Elle transporte un colis classé top secret. Mais l’équipage voit d’un mauvais œil son arrivée et la confine dans la tourelle centrale sous l’avion. À la radio, chacun y va de sa blague misogyne (et bien pire). C’est alors que des japonais attaquent l’avion, déjà en proie à une créature maléfique qui tente de détruire l’appareil.

Je ne spoile pas en parlant de la créature maléfique. Le film s’ouvre sur une séquence de dessin animé dans le plus pur style des années 40 en signalant des gremlins et la bande annonce dévoile ce monstre. Cette production que l’on pourrait qualifier de série B n’est pas bonne. On sent pourtant que Chloë Grace Moretz a mis tout son cœur pour tenir le film à bout de bras, et elle a vraiment du talent pour se démarquer dans ce scénario à l’écriture si pauvre et aux incohérences flagrantes, mais cela ne suffit hélas pas. Je dois dire qu’elle est le seul intérêt du film, pour son excellente interprétation.

La créature : je n’ai rien à redire sur son design, une sorte de chauve souris géante dont les aptitudes ne sont pas sans rappeler celle de l’épisode de Twilight Zone “Cauchemars à 30 000 pieds” lorsqu’une bestiole similaire arrache des morceaux de l’aile d’un avion et que seul un passager la voit. Mais là, sa motivation reste floue, pourquoi fait-elle cela ? une explication aurait pu rendre ses actions un peu plus claires, surtout lors de la dernière scène. L’autre point du scénario concerne le “colis” que Chloë Moretz transporte, et ce qu’il contient. Il éveille un intérêt tant que nous ne savons pas ce qu’il y a à l’intérieur, ensuite, cela devient un peu… débile.

J’ai assez apprécié la première partie, lorsqu’elle est dans la tourelle et qu’elle communique avec tous les membres de l’équipage, aussi infectes les uns que les autres. Le film dénonce comment les hommes considéraient les femmes à cette époque (on peut imaginer que le message se veut d’actualité), ne lui donnant aucun crédit lorsqu’elle dit être pilote (ceci dit, il n’y avait pas de pilotes de bombardier femme pendant la WW2), lorsqu’elle signale pourquoi il y a des problèmes de dysfonctionnement de l’appareil à cause du gremlin etc… mais cela devient un peu gros lorsqu’à elle seule elle sauve la situation, contre les japonais, contre la créature qu’elle expulse, et en faisant atterrir l’avion. Et pour clore le tout, son combat final contre la créature qui est hélas vraiment ridicule. Le générique de fin enfonce le clou, pour ceux qui n’auraient pas compris ce que la réalisatrice Roseanne Liang voulait transmettre comme message : c’est très maladroit et contre productif, comme souvent.

Par contre, la séquence où elle récupère son “colis” accroché à l’aile et qui risque de chuter est vraiment bien réalisée, même si elle est complètement surréaliste et impossible. Et un bon point pour la musique très Carpenter ! Pour conclure, j’aurai vraiment voulu aimer ce film pop-corn, étant un grand fan de Chloë Grace Moretz mais ma fan attitude a des limites et Shadow in the Cloud marque cette frontière. Il est court, je ne me suis pas ennuyé, mais à ne visionner que si vous n’avez vraiment rien d’autre à voir. 10/20 (pour l’effort d’interprétation et la scène d’action).

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