DON’T LISTEN (Voces)

(2020). Daniel et Sara emménagent avec Éric, leur fils de 9 ans, dans une grande maison à restaurer. Mais ils ne savent pas que les gens du coin l’appellent “La maison des voix”. Éric sera le premier à entendre ces voix qui mènera rapidement à un drame familial puisque le garçonnet va se noyer dans la piscine de la propriété. Sara va retourner quelques jours chez ses parents, laissant Daniel seul dans la bâtisse. Il va alors commencer à entendre la voix de son enfant disparu…

Film d’horreur espagnol du jeune réalisateur Ángel Gómez Hernández qui livre ici son premier long métrage après avoir fait ses armes sur des courts dont Behind (cliquez pour le visionner sur la chaine Youtube de l’auteur) et qui a reçu une multitude de nominations et de prix. Dès les premières scènes, on repère les références à Insidious ou The Conjuring à qui il emprunte les plans où les esprits se trouvent en arrière plan pour installer une atmosphère. Il utilise hélas beaucoup de jumps scare trop flagrants, même si quelques-uns sont très efficaces.

Et cette atmosphère est bien présente tout au long de cette histoire qui se découpe en plusieurs actes bien distinct. Le déroulé du storytelling est surprenant pour ce genre de production, mais passe parfaitement, et l’intelligence du script inscrit un rythme qui n’ennuie jamais le spectateur, sans parler du twist que j’avoue honteusement ne pas avoir vu venir, et dont l’effet a eu l’impact souhaité sur moi. A noter également que les “apparitions” et les séquences surnaturelles prennent place aussi bien en plein jour que la nuit, ce qui est assez rare, tellement les productions actuelles nous abreuvent de scènes dans le noir où on ne distingue rien.

Le casting est impeccable, même si je regrette le manque de profondeur dans les émotions que peuvent susciter certains personnages, comme par exemple la mère qui est à mon sens sous exploitée. En revanche, la scène dans la chambre de son fils, lorsqu’elle regarde sous le lit, puis au dessus et ainsi de suite est superbement filmée et la tension et la terreur qu’elle inspire est très réussie. Cela faisait longtemps que je n’avais pas vu une scène flippante comme celle là. En parlant de séquences remarquables, le tout premier plan et le dernier du film, sont brillants de simplicité tout en étant marquants. Vraiment travaillés et aboutis. Le personnage de Germán et de sa fille Ruth sont vraiment intéressants, j’aurai aussi aimé qu’ils soient plus développés.

Enfin, la bande son rehausse encore l’atmosphère particulière avec son lot de sons distordus et stressants, on dirait presque de la musique expérimentale, elle se prête bien pour accompagner l’image. Les critiques sont très partagées pour Don’t Listen, dont certaines assassines, mais je trouve que ce film vaut le détour, une production Netflix qui mérite qu’on s’y attarde, l’immersion dans l’histoire est totale et j’ai vraiment pris plaisir, je recommande : 14/20.

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