BLACK PANTHER

(2018). Après une introduction vraiment géniale dans Captain America : Civil War, après les excellents Marvel de 2017 et accompagnés par les critiques qui encensent le film comme étant le meilleur, ever,  je m’attendais à une tuerie pour Black Panther. Clairement NON ! commençons par l’histoire : Le prince T’Challa est couronné roi du Wakanda après le décès de son père, toujours dans Civil War. Ce pays imaginaire est installé sur une météorite de vibranium, métal dont les attributs permettent de développer des technologies digne de la Stark industrie. Le cousin du nouveau roi vient prendre sa revanche et la place de ce dernier, et souhaite utiliser les technologies pour conquérir le monde (et éliminer les méchants hommes blancs qui persécutent son peuple).

Le scénario est assez pauvre et reprends les clichés que je pensais disparus pour un stand alone movie de Marvel. Les personnages sont peu consistants, excepté Andy Serkis, qui est juste fabuleux dans le rôle du trafiquant de vibranium. La petite sœur, sorte de mix entre Q de James Bond et Tony Stark est bien construite, c’est le seul personnage qui propose un peu d'”entertaining” mais qui ne semble pas à sa place dans cette histoire qui se prends trop au sérieux au point d’en devenir ennuyeuse. Danai Gurira (Michone dans The Walking Dead) est également parfaite. Le souci réside dans l’interprétation de Chadwick Boseman. C’est le personnage principal, le héros, et il est chiant à mourir, même dans les combats où il est défié pour le trône, on frôle le début de sieste. Au final, entre les mauvais acteurs et les personnages peu attachants… on en est à préférer M’baku, le chef de la tribu renégate, lui au moins mérite de l’intérêt alors qu’il n’est pas un personnage secondaire mais encore plus loin…

Cependant, il est à noter quelques aspects positifs malgré tout. La cité de Wakanda est magnifique et rappelle la beauté d’Asgard (ne regardez pas trop l’animation de l’eau par contre, celle de Moana est mieux faite !), mais les CGI des scènes d’actions sont un peu trop visibles, notamment pendant la scène de la course poursuite en Corée. Les voitures sont réelles, Black Panther en CGI, et le contraste est bien trop flagrant au point d’en être génant. La combinaison du visuel tribal des tenues et de l’environnement avec les technologies fonctionnent à merveille. La musique prend aussi une bonne part pour l’immersion, j’ai eu peur d’entendre un rap convenu et revendicatif, mais ce piège a été évité. Les technologies fabriquées à partir du vibranium sont pour certaines spectaculaires, mais incohérentes (aucune limite : vaisseaux spatiaux invisibles,  soins médicaux abusés avec un pompon de l’absurde pour les rhinocéros dans la bataille finale. Et j’en passe… dommage).

Mais ce qui m’a le plus dérangé est l’aspect politique du film. Les messages véhiculés sont téléphonés et ne desservent même pas les causes qu’elles revendiquent défendre ou dénoncer. Le film a reçu une promotion sur le fait qu’enfin un super-héros noir était mis à l’honneur. Sincèrement, Blade (c’est aussi un héros Marvel au passage) est tellement plus abouti et intéressant. Et oublier des films comme Coming to America (Un Prince à New York en VF) pour son casting ou un tas d’autres similaires, est vraiment malvenu. Qualifier Black Panther de bombe sur le sujet lui assure un succès commercial fulgurant mais éphémère, il sera aussi vite oublié que Ant-Man à mon avis.  Au final, il n’a quasiment aucun lien avec l’univers cinématique Marvel, sauf peut-être l’agent Ross (Marin Freeman) sorti de nulle part dans Civil War et jouant un ersatz de l’agent Colson. Vous pouvez donc vous faire un marathon Marvel sans inclure ce film. Je lui met tout juste la moyenne pour Andy Serkis et Danai Gurira, cela ne mérite pas mieux, en tout cas pas un déplacement en 3D Imax, même les deux scènes post-génériques sont nazes… 10/20 !

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