BLOOD QUANTUM

(2020). Alors que le monde est submergé de zombies lorsque les morts reviennent à la vie, les indiens de la réserve des micmaques de Red Crow découvrent qu’ils sont immunisés à l’épidémie. Traylor, le shérif de la communauté, tente de protéger son peuple et la petite-amie enceinte de son fils, tandis que la réserve doit faire face à une vague de réfugiés blancs qui viennent se mettre à l’abri…

Enfin un film de zombies qui apporte quelque chose de nouveau. Cette production indépendante canadienne mérite le coup d’œil. Présentée dans de nombreux festivals à l’automne 2019, le film est disponible en VOD sur certaine plateforme de streaming depuis le 27 avril 2020. Une rapide explication sur le titre, qui m’a interpellé : il s’agit de lois permettant de définir « le degré de sang » pour définir la qualification d’Américain natif selon les ancêtres d’une personne. Explication complète et intéressante ici !

La scène d’ouverture, avec l’ancien de la réserve, est magnifique. Au petit matin, un vieux pécheur voit les poissons qu’il vient de vider, frétiller en revenant à la vie, signalant ainsi le début de l’épidémie. Les images sont belles et poétiques et cette première partie du film est une vraie réussite : le storytelling,  la mise en place des personnages et du cadre de la réserve, et la façon dont l’action va crescendo, démontre la maîtrise de la caméra de Jeff Barnaby. Il porte à lui tout seul son œuvre, qu’il a écrit, réalisé et édité lui-même. Malheureusement, la qualité du film ne restera pas à ce niveau pour la suite.

J’ai eu peur que Blood Quantum tombe dans un cliché politique, voire idéologique, en choisissant de rendre les indiens immunisés (ils ne se transforment pas s’ils sont mordus par exemple), pour dénoncer grossièrement le colonialisme, mais la gestion de cette partie est très intelligente et à aucun moment le message passe au-dessus du divertissement. D’ailleurs, un autre message, sous-jacent, sur l’écologie apparait en filigrane tout aussi subtilement. La cassure dans le récit est également une bonne chose : une fois l’épidémie déclarée, nous faisons un bond de six mois pour découvrir ce que le monde est devenu et comment la réserve gère sa survie et l’afflux de réfugiés qui tentent de rejoindre les micmaques.

La réalisation est très réussie, on sent que Barnaby a soigné beaucoup de ses plans, clairement influencé par Romero où on repère ici ou là quelques hommages. Cependant, je regrette un peu trop de scènes nocturnes, plus adaptées aux films de vampires que de zombies (mais c’est perso ^^). Les acteurs, apparemment tous amateurs, démontrent un grand talent (même si certaines interprétations sont inégales). La crédibilité du film était à ce prix et là aussi, aucune déception. Aucune déception non plus en ce qui concerne les scènes gores, au contraire même : une bonne tronçonneuse et des litres de sang, et les aficionados du genre se régaleront. Quelques idées innovantes et des effets spéciaux, à l’ancienne, donnent un cachet particulier à Blood Quantum qui s’inscrit dans la lignée des meilleures productions des années 80 (après tout le film est censé se dérouler en 81).

Sans en dévoiler plus, la seconde partie de l’histoire est très inégale scénaristiquement et de nombreux choix sont douteux, de nombreux sacrifices inutiles et toute la tension et la construction impeccable de la première partie retombent un peu, voire peut agacer, du moins en ce qui me concerne. Mais je vous invite vraiment à visionner cette production et n’hésitez pas à me donner votre avis en commentaire, je suis curieux de savoir ce que vous en penserez. Faites-vous une idée avec le trailer. Ce n’est pas le film de l’année, juste une curiosité et une bonne surprise à découvrir… à l’occasion. 12/20.

Laisser un commentaire