THE WRETCHED

(2020). Ben, adolescent quelque peu rebelle, passe ses vacances d’été chez son père, alors que ses parents sont en instance de divorce. Il est embauché à la marina afin d’acquérir une forme de discipline. Mais au bout de quelques jours, l’adolescent découvre que la mère de famille de la maison d’à côté se comporte de façon étrange. Alors que des enfants disparaissent, il enquête sur sa voisine pour découvrir qu’elle est possédée par une entité démoniaque.

C’est avec un esprit curieux que j’ai abordé ce film. En effet, la boite de production, IFC Films, a décidé de sortir le film en salles malgré le confinement. Comme seuls les drive-ins et des cinémas en plein air programmaient des séances, c’est sur un nombre limité d’écrans qu’il a été diffusé. Et bien il a réussi à rester 5 semaines en tête du box-office et a engranger une recette qui dépasse le million de dollar. Il fallait donc que je visionne ce film d’horreur.

Le scénario est des plus classiques, reprenant pas mal de clichés des Teen movies, (le personnage principal en est un, donc fatalement…) et de ficelles vues et revues pour les films d’horreur : le héros qui découvre une entité démoniaque, personne ne le croit etc… Cependant, les frères Pierce, les deux réalisateurs, ont réussi à délivrer une production à petit budget intéressante, qui essaie de se démarquer du genre tout en y collant le plus possible. Il y a quelque chose d’attirant dans cette ambition modeste. Cela donne un résultat qui se laisse regarder sans jamais tomber dans l’ennui, propre à la plupart des films d’horreur récents, comme le mauvais remake de The Grudge par exemple.

Même si là encore, le fondement de la sorcière n’est pas d’une originalité transcendante, la gestion de son apparition et surtout le jeu des acteurs rendent le tout assez crédible. L’immersion est assez surprenante, à aucun moment, je me suis dit “mais non, qui fait ça en vrai, face à cette situation ?”. Les personnages sont vraisemblables (bien moins crétins qu’à l’accoutumée en tout cas) et pallient la faiblesse du scénario, autant dans leur écriture que dans leur interprétation. Le casting d’inconnus est un vrai plus pour ce film. Les effets spéciaux à l’ancienne collent parfaitement avec l’image et sont distillés uniquement pour appuyer le story telling, sans abus, ni excès.

Au final, j’ai plutôt apprécié cette petite production, qui, comme j’aime à le dire, n’est bien sûr pas le film d’horreur de l’année, ni même de la décennie, mais mérite le coup d’œil. La démarche des Pierce est sincère et sans prétention, même si on peut regretter la facilité d’une bonne partie du scénario. Je déplore l’inutilité de la toute dernière image, qui laisse une porte ouverte à une suite de façon grossière. Mais dans cette période pauvre en nouveauté, il faut saluer l’effort. 12/20.

 

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