(2018). Quatre années après la catastrophe qui a mené à la fermeture du parc Jurassic World, l’île, laissée à l’abandon, est menacée de disparaître lorsque le volcan éteint se trouvant en son centre se réveille. Claire et Owen sont alors enrôlés dans une mission de sauvetage des dinosaures, mais la mission se révèle n’être qu’un prétexte à un large complot impliquant la capture des animaux à des fins malhonnêtes.
Ce nouvel opus de la seconde trilogie est un mystère. Toute la review qui va suivre tend à prouver que ce film n’est pas bon, et pourtant, malgré tout, c’est un excellent divertissement que j’ai vraiment aimé. Alors comment est-ce possible ?
D’abord le scénario : il est conçu pour en mettre plein les yeux, en faisant allègrement abstraction de toute cohérence. Cependant, on est enclin à passer sur des ficelles trop grosses, voire impossibles. En vrac : pourquoi aller sauver les dinosaures lorsque le volcan est prêt à détruire l’île quand les « méchants » (oui, il y a juste des gentils et des méchants, aucune nuance entre les deux) auraient pu faire la même chose depuis quatre ans ? la lave qui est à quelques centimètres de Chris Pratt sans le brûler (ceci dit, la scène est vraiment très drôle) ? et des exemples comme ça sont légions. Nous avons ensuite le message de fond transmis avec le speech du début et de fin de Jeff Goldblum, puis avec le twist de la petite fille. Mais pourquoi introduire un sujet si important si ce n’est pas pour le traiter par la suite ? J’avoue ne pas avoir compris l’objectif scénaristique de cette révélation… (je n’en dis pas plus, pas de spoils).
Ensuite, les personnages : Là encore, c’est à se demander pourquoi avoir engagé des acteurs, ils auraient dû les créer par ordinateur tellement on ne leur demande rien en terme de profondeur. Il n’y a jamais aucune émotion qui passe, on n’a jamais peur pour eux, les gentils sont des caricatures de gentils et les méchants… tout pareil. Sauf que même dans ce cas, les personnages que nous sommes censés détester par leur comportement vils semblent juste stupides. Le chasseur, à qui les scénaristes ont filé l’habitude crétine de collectionner les dents de dinosaures, a droit à une mort tellement téléphonée. Dès sa première apparition, on savait qu’il serait – soit bouffé par un dino, soit bouffé par un dino. Et dans la grande originalité de son personnage, il finit : bouffé par un dino. Chris Pratt et la magnifique Bryce Dallas Howard (oui j’aime bien) ont prouvé dans d’autres productions qu’ils sont des acteurs émérites, mais le stricte minimum leur ai demandé sur Jurassic World.
Leurs personnages sont plats et sans saveur. Les seconds rôles sont encore plus caricaturaux, le peureux ne fait que crier pour se révéler au final un peu plus brave qu’aux premiers abords, la doctoresse badass en fait des caisses en toute circonstances, bref, n’importe qui aurait pu écrire ces personnages tant ils sont prévisibles. Quant aux acheteurs.. ce n’est même plus des caricatures, c’est une blague !
Par contre, il est d’autres personnages bien plus émouvants, attachants ou marrants : les dinosaures. Peut-être parce que ce sont des animaux et qu’ils ont une personnalité limitée, mais ce sont eux qui ont déclenché des émotions chez moi. La scène du départ de l’île au moment de sa destruction par le volcan est déchirante, j’ai retenu une larme. Celui qui pète les murs et fait voler les invités au marchandage est amusant et attendrissant, sans parler de Blue, qui est le vrai personnage attachant de l’histoire, que cela soit sur les images de son éducation quand elle était petite ou dans ses interventions dans le film. Pour le coup, c’est la seule protagoniste pour qui j’ai eu peur d’une mort possible.
La réalisation et les effets spéciaux : absolument rien à redire, c’est soigné et inventif, et les CGI sont des plus convaincants. La première scène est superbe et toute la partie du film sur l’île est impressionnante de réalisme. Le rythme lors de l’éruption volcanique donne une sentiment d’urgence permanent, le montage est très réussie, accompagné d’une musique qui rajoute un cran dans cette perception de danger constant et imminent. J’ai également beaucoup apprécié les rappels à Jurassic Park, peut-être même un peu trop, comme si le film avait besoin de se légitimer en s’y raccrochant, notamment avec la présence de Jeff Goldblum.
En conclusion, et bien que les apparences pourraient traduire un mauvais film, Jurassic World : Fallen Kingdom est à voir, encore plus si vous êtes fan de la saga commencée par Spielberg il y a (déjà !) 25 ans. Et puis c’est toujours un plaisir de revoir des icônes du cinéma comme James Cromwell ou Geraldine Chaplin. En tenant compte des imperfections qui ne gênent nullement le plaisir procuré par le film, ma note est de 15/20.